28.07.2008
PAILLE
Agriculture
mardi 22 juillet 2008
La menue paille, ce n'est plus de la balle !
Hier, ils étaient laissés au sol. Aujourd'hui, les débris de moisson peuvent être récupérés et valorisés en litière, alimentation animale, production d'énergie.
De loin, on a l'impression que la moissonneuse-batteuse de Philippe Gendron remorque une grande tente carrée ! Il s'agit en fait d'une trémie dans laquelle est aspirée et stockée la menue paille. « Un pari un peu fou, car les agriculteurs ne connaissent pas encore ce procédé », explique cet entrepreneur de travaux agricole de La Daguenière (Maine-et-Loire).
Il vient d'acheter cette machine pour la récolte 2008. Deux de ses collègues bretons ont fait de même. L'idée, développée par Thiérart, un constructeur ardennais, est de récolter, au même titre que la paille et la graine, ces débris un peu vite perçus comme de la poussière et qui retournent habituellement à la terre. « Il s'agit de la balle des épis, bien sûr, mais aussi de grains échappés, de petits brins de paille ou encore de mauvaises herbes. Il y a là un volume important de matière sèche que l'on peut utiliser à d'autres fins. »
On l'estime à environ 2,5 t/ha qui s'ajoutent aux 7 à 10 t de blé et 5 t de paille ramassés parallèlement. Collectées sans ralentir la moisson, ces menues pailles peuvent ensuite, par exemple, servir de litière en bâtiment avicole ou bovin. On peut aussi les compacter en briquettes qui deviennent du combustible, ou en faire de la biomasse dans des unités de méthanisation.
Les promoteurs de cette innovation ont aussi testé ce coproduit en le donnant aux vaches laitières pour favoriser leur rumination, voire, avec ou sans addition de mélasse, pour remplacer peu ou prou certains fourrages. Cerise sur le gâteau : en récoltant aussi les tiges et semences de brome, vulpin, folle avoine et autres adventices, le récupérateur en évite la repousse et économiserait un désherbage. Tout bon pour l'environnement et adapté même aux agriculteurs bio !
S'ils paraissent prometteurs, tous ces usages, déjà expérimentés localement, méritent désormais d'être validés par les chercheurs et techniciens. L'Inra de Grignon - qui a acquis un de ces engins cette année - va, par exemple, préciser l'impact de ces exportations de matière sur la qualité des sols. C'est alors seulement que l'on pourra dire si menue paille sera synonyme de gros bénéfices.
Gwenaël DEMONT.
OUEST FRANCE
06:25 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE









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