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08.07.2008

L UE CRITIQUE LES USA

AFP - vendredi 4 juillet 2008, 14h26
Climat: l'UE demande aux Etats-Unis d'être plus "ambitieux" au G8
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a indiqué vendredi attendre des Etats-Unis lors du prochain sommet du G8 au Japon qu'il se montrent "plus ambitieux" que par le passé pour les efforts de lutte contre le réchauffement climatique.
"J'attends vraiment des Etats-Unis qu'ils acceptent des conclusions plus ambitieuses" que par le passé dans ce domaine lors de la réunion qui se tient de lundi à mercredi, a-t-il déclaré lors d'une interview accordé à un petit groupe de journalistes.
Lors du dernier sommet du G8 en Allemagne en 2007, les dirigeants des huit grandes puissances du forum s'étaient mis d'accord sur une déclaration peu contraignante promettant simplement "d'examiner attentivement" l'idée d'une réduction de 50% des émissions polluantes d'ici 2050.
"Je pense que nous devrions aller plus loin que ça", a dit M. Barroso. "A présent j'espère qu'ils (les dirigeants du G8) vont accepter" cet objectif, a-t-il ajouté. "A tout le moins, nous allons faire pression" en ce sens, a-t-il ajouté.
Il a souligné que l'idée d'une réduction de 50% d'ici 2050 signifiait en réalité un effort supérieur pour les pays développés, à savoir une baisse de 60% à 80%". "C'est très ambitieux mais je pense que c'est nécessaire", a-t-il dit.
M. Barroso a aussi plaidé pour que le G8 ne se contente pas de promesses à long terme mais s'engage aussi sur des objectifs à moyen terme, à l'image de l'Union européenne qui veut réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020.
"Il est important non seulement de dire ce que nos enfants devraient faire mais aussi ce que nous pouvons nous-mêmes déjà faire tout de suite", a-t-il dit.
Il y a toutefois peu de chances que le président George W. Bush change de cap sur le climat au Japon.
L'administration Bush, dont le mandat expire en janvier, refuse toute contrainte qui ne pèserait pas aussi sur les économies émergentes et considère que le G8 n'est pas le cadre approprié pour parler du climat, puisqu'il n'intègre pas les grands pollueurs comme la Chine, passée au premier rang en 2007.
En privé, les Européens nourrissent surtout l'espoir que le successeur de M. Bush adoptera une position plus conciliante en vue du sommet de Copenhague de décembre 2009 censé aboutir à un accord mondial pour la réduction des émissions de CO2 après 2012, à l'expiration du protocole de Kyoto.
Les 27 pays de l'UE doivent encore eux-mêmes se mettre d'accord entre eux sur la répartition des efforts pour la mise en oeuvre de leur plan d'action sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les avis divergent notamment sur l'importance à accorder à l'énergie nucléaire, faiblement émettrice de gaz à effet de serre, que promeut la France, rejointe par un nombre grandissant de pays comme la Grande-Bretagne ou l'Italie, mais dont l'Allemagne par exemple prévoit de sortir.
Prudent, M. Barroso a renvoyé les deux camps dos à dos. "Il faut éviter de vouloir à tout prix faire du nucléaire le problème ou la solution" pour lutter contre le réchauffement climatique, a-t-il dit.
Toutefois, a-t-il ajouté, "il ne devrait pas y avoir de tabous concernant l'énergie nucléaire". "Nous devons soutenir les pays qui veulent avoir l'énergie nucléaire" mais "il s'agit d'une question du ressort national", a-t-il dit.
La France a annoncé jeudi vouloir construire un deuxième réacteur nucléaire de troisième génération EPR, une décision que le président Nicolas Sarkozy a justifiée jeudi par la flambée des prix du pétrole et du gaz.

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