31.07.2008

REFORME DE LA PAC ?

Réforme de la PAC
"Un risque de suppression des aides directes"
Par Marcia Lacombe, mis à jour le 22/07/2008 à 15:04 - publié le 22/07/2008
Priorité de la présidence française de l'Union européenne, l'agriculture connaît aujourd'hui de profondes mutations économiques et sociales. La politique agricole commune (PAC), pilier fondateur de l'UE doit être revue pour 2013. Tour d'horizon des enjeux pour les agriculteurs et l'économie avec Jean-Christophe Bureau, professeur d'Economie à AgroParis Tech, chercheur à l'Inra et Pierre Boulanger, chercheur au Groupe d'Economie mondiale (GEM) à Sciences Po.
Quelle est la situation des agriculteurs aujourd'hui en France?
Pierre Boulanger : L'agriculture y est très diversifiée avec des bassins très productivistes sur les cultures céréalières, surtout en Ile de France, dans la Somme ou la Beauce. Ces grosses exploitations représentent environ 20 % des exploitations agricoles. Après, il y a les exploitations de taille moyenne, de type polyculture et élevage, représentant 40 % des exploitations. Pour ces dernières, leur insertion dans le commerce mondial est plus compliquée. Les revenus des productions céréalières ont doublé depuis un an, contrairement à l'élevage qui subit la montée des prix de ces céréales.
Globalement, il y a une réorganisation des structures d'exploitation. Si le nombre d'exploitations baisse de 2% par an en France, les surfaces exploitées s'agrandissent. Il n'y a plus de spécialisation comme il y a 30 ans où le fils reprenait l'exploitation du père. Les cultures se diversifient.
Alors que les agriculteurs ont été les premiers à bénéficier des politiques européennes, ils ont été 70% à voter non à la Constitution en 2005. Comment l'analysez-vous?
Pierre Boulanger : J'ai le sentiment qu'on a présenté la constitution comme un pas de plus vers le libéralisme européen, voire mondial. C'est comme le vote de l'Irlande cette année, ils ont bénéficié des fonds d'aide structurels, mais ont voté non. C'est davantage un non à un courant politique que contre une constitution ou un traité.
L'agriculture est une des priorités de la présidence française de l'Union européenne, quels changements peut-on attendre sur le dossier agricole?
Jean-Christophe Bureau : Si tout se passe bien, c'est une ambition plutôt limitée, qui serait assez proche des propositions faites en mai par la commission sur le bilan de santé de la PAC pour la période 2009-2013. C'est l'aspect optimiste car il est aussi possible de ne pas obtenir d'accord d'ici la fin de l'année en raison des divergences avec le gouvernement anglais.
En quoi consiste ce bilan de santé?
J-C B. : C'est la revue à mi-parcours de la politique de financement de la PAC. La dernière fois, en 2003, la commission a proposé une réforme fondamentale avec le découplage des aides aux agriculteurs. Les subventions sont devenues en grande partie forfaitaires, et non plus attribuées en fonction de la production des exploitations. L'idée, aujourd'hui, est de regarder ce qui a marché ou pas. A l'heure actuelle les marchés mondiaux sont très porteurs et la question de la légitimité des aides se pose alors que les prix sont très élevés. Donc pourquoi donner des aides sur des difficultés passées ? L'idée de la Commission aujourd'hui est de limiter indirectement certaines subventions en ponctionnant jusqu'à 22 % pour les reverser sur l'environnement, et beaucoup de pays ne sont pas d'accord.
P.B. : Le but est d'ajuster les réformes de 2003, ce qui signifie diminuer les aides directes, celles dites du « 1er pilier » pour augmenter les aides contractuelles, accordées notamment en fonction des critères environnementaux. Mais ce n'est absolument pas le moment de faire ces changements ! Il vaut mieux attendre la réforme de la PAC de 2013 car on alloue actuellement des crédits avant de définir les programmes. Le conseil informel des ministres de l'Agriculture de l'UE à Annecy en septembre sera décisif. Le succès du bilan dépendra de cette réunion.
Quelle réforme pour la PAC en 2013?
J-C. B :Il y a un risque de suppression des aides directes qui représentent maintenant l'essentiel du budget de la PAC. Car si les prix mondiaux restent élevés, les revenus des agriculteurs augmentent également et les différents pays membres concluront que ces aides directes, censées compenser des baisses de prix passées, n'ont plus lieu d'être, au moins pour les grandes cultures. Barnier et Sarkozy souhaiteraient préparer le débat, mais concrètement, dans les propositions de la commission, il n'y a rien sur l'après 2013, car cela est beaucoup plus conflictuel que le simple bilan de santé de la PAC.
P.B. : il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. En 2009-2010, il y aura tout d'abord une nouvelle commission et si le traité de Lisbonne entre en vigueur, le Parlement aura un pouvoir de co-décision avec le Conseil, ce qui rendra le vote plus démocratique mais plus complexe. Il y aura aussi en 2010 la revue du budget européen et la révision de l'accord sur le chèque britannique. Dans tous les cas, il me semble qu'il faut quitter la logique sectorielle pour aller vers une logique territoriale et environnementale, en fonction des handicaps naturels du territoire.
Quelles conséquences pour la PAC si un accord est trouvé à l'OMC sur Doha?
J-C. B : Je ne sais pas s'il va y avoir un accord. Il y aurait des conséquences assez fortes sur le secteur de l'élevage ovin et bovin, mais les autres secteurs agricoles seraient beaucoup moins touchés. Les droits de douane pourraient alors être réduits de 30% à 40%. D'après nos simulations, avec une forte baisse des droits de douane, les importations de viande bovine, notamment du Brésil, augmenteraient considérablement. Il y a beaucoup de petites exploitations impliquées dans le secteur bovin en France, notamment dans le Morvan. Mais les récentes déclarations du gouvernement français comme quoi un accord l'OMC réduirait la productivité agricole de l'Europe de 20%, c'est complètement ridicule.




L EXPRESS

28.07.2008

PAILLE

Agriculture
mardi 22 juillet 2008
La menue paille, ce n'est plus de la balle !
Hier, ils étaient laissés au sol. Aujourd'hui, les débris de moisson peuvent être récupérés et valorisés en litière, alimentation animale, production d'énergie.
De loin, on a l'impression que la moissonneuse-batteuse de Philippe Gendron remorque une grande tente carrée ! Il s'agit en fait d'une trémie dans laquelle est aspirée et stockée la menue paille. « Un pari un peu fou, car les agriculteurs ne connaissent pas encore ce procédé », explique cet entrepreneur de travaux agricole de La Daguenière (Maine-et-Loire).

Il vient d'acheter cette machine pour la récolte 2008. Deux de ses collègues bretons ont fait de même. L'idée, développée par Thiérart, un constructeur ardennais, est de récolter, au même titre que la paille et la graine, ces débris un peu vite perçus comme de la poussière et qui retournent habituellement à la terre. « Il s'agit de la balle des épis, bien sûr, mais aussi de grains échappés, de petits brins de paille ou encore de mauvaises herbes. Il y a là un volume important de matière sèche que l'on peut utiliser à d'autres fins. »

On l'estime à environ 2,5 t/ha qui s'ajoutent aux 7 à 10 t de blé et 5 t de paille ramassés parallèlement. Collectées sans ralentir la moisson, ces menues pailles peuvent ensuite, par exemple, servir de litière en bâtiment avicole ou bovin. On peut aussi les compacter en briquettes qui deviennent du combustible, ou en faire de la biomasse dans des unités de méthanisation.

Les promoteurs de cette innovation ont aussi testé ce coproduit en le donnant aux vaches laitières pour favoriser leur rumination, voire, avec ou sans addition de mélasse, pour remplacer peu ou prou certains fourrages. Cerise sur le gâteau : en récoltant aussi les tiges et semences de brome, vulpin, folle avoine et autres adventices, le récupérateur en évite la repousse et économiserait un désherbage. Tout bon pour l'environnement et adapté même aux agriculteurs bio !

S'ils paraissent prometteurs, tous ces usages, déjà expérimentés localement, méritent désormais d'être validés par les chercheurs et techniciens. L'Inra de Grignon - qui a acquis un de ces engins cette année - va, par exemple, préciser l'impact de ces exportations de matière sur la qualité des sols. C'est alors seulement que l'on pourra dire si menue paille sera synonyme de gros bénéfices.


Gwenaël DEMONT.

OUEST FRANCE

20.07.2008

CHANGER L AGRICULTURE

Un appel à changer de modèle agricole

La France a beaucoup de chance : elle dispose encore d'une agriculture diversifiée qui façonne des paysages variés, comme ici, dans le Finistère. : Béatrice Le Grand
Les terroirs ont de l'avenir. Une chance à saisir pour la France qui dispose d'une agriculture encore très diversifiée.
Au Forum international des terroirs, qui s'est tenu récemment près d'Avignon, au coeur des prestigieux vignobles d'appellation comme le Gigondas et le Vacqueras, de nombreuses voix, dont celle du ministre de l'Agriculture, ont appelé à changer de modèle agricole. Pour aller encore davantage dans le sens des terroirs et d'une agriculture de qualité.
Le modèle agro-industriel, mis en place, il y a cinquante ans, dans les pays développés « ne répond plus aux besoins alimentaires et génère l'obésité à vaste échelle », a indiqué Jean-Louis Rastouin, enseignant chercheur à Supagro de Montpellier. « Il faudra imaginer autre chose », a-t-il plaidé.
Mamadou Cissokho, paysan sénégalais et leader du Réseau des organisations paysannes et de producteurs d'Afrique de l'Ouest, a démonté le mécanisme par lequel la perte de la culture alimentaire finit par faire reculer les cultures vivrières locales. « Nos enfants ne reconnaissent plus notre alimentation. Pour eux, nous sommes en retard, parce qu'il faut quatre heures pour cuisiner nos plats. »
France - Grande-Bretagne : différence de conception
La classe moyenne solvable qui a émergé au début des années 2000 dans les pays d'Afrique du Nord, au lieu de faire vivre l'agriculture locale, achète dans la grande distribution, qui s'approvisionne principalement sur les marchés mondiaux. « La notion de culture alimentaire est à reprendre complètement », selon Bertrand Hervieu, ancien président de l'Inra.
Même la production de masse finit par reculer. « J'exploitais 20 ha de pêchers en cherchant à être le plus productif possible. Puis nous avons trouvé plus productifs que nous en Espagne et au Maroc », a témoigné Bertrand Féraut, un arboriculteur et maraîcher en agriculture biologique dans le Gard. La production française de pêches-nectarines est tombée « de 800 000 à 250 000 tonnes en vingt ans, parce qu'on n'a pas su donner de la valeur au terroir ».
Le ministre de l'Agriculture a, lui aussi, donné une idée de l'ampleur de la tâche. Lors d'un entretien avec son homologue britannique, ce dernier a prononcé quatre fois le terme « industrie » en parlant de l'activité agricole, soulignant la différence entre la conception française et la conception anglo-saxonne de l'agriculture.

15.07.2008

AGRICULTURE ET BIODIVERSITE

Selon une expertise collective pilotée par l'Institut national de la recherche agronomique, l'agriculture moderne a «oublié la composante biologique».

La biodiversité diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes a une valeur économique encore bien difficile à chiffrer. Les sommes avancées dans ce domaine sont toujours très contestées. L'exercice a néanmoins le mérite de montrer que les services du monde naturel à l'économie, même s'ils sont gratuits, sont néanmoins bien réels et qu'il est important de les préserver.

Le mois dernier, une étude commandée par le ministère irlandais de l'Environnement a montré que la biodiversité «rapporte» chaque année 2,6 milliards d'euros au pays, un chiffre vraisemblablement sous-évalué de l'avis même des rapporteurs. Selon eux, les plus gros contributeurs naturels à la richesse nationale sont les vers de terre avec un apport estimé à 700 millions d'euros par an. Ces annélides recyclent, en effet, les déchets végétaux, aèrent les sols et les fertilisent gratuitement avec leurs déjections.

Les ministères français de l'Agriculture et de l'Environnement n'ont pas choisi l'option pragmatique irlandaise. Dans la foulée du «Grenelle de l'environnement» qui a mis en avant la nécessité de freiner les ravages de l'agriculture intensive sur la biodiversité, ils ont demandé à l'Institut national de recherche agronomique (Inra) de faire une «synthèse critique» de tout ce que la littérature scientifique internationale a produit, notamment sur les bénéfices que la biodiversité peut apporter à l'agriculture. Cette «expertise collective», intégrant des chercheurs d'autres établissements et d'autres disciplines que l'agronomie, devrait être prochainement publiée. Ses grandes lignes ont été présentées lors d'un colloque qui s'est tenu récemment au ministère de l'Écologie.


Pour des changements rapides

«L'agriculture intensive s'est construite après la Seconde Guerre mondiale en s'affranchissant de la biodiversité. La vision s'est focalisée sur les flux de matières ( engrais, traitements phytosanitaires, NDLR ) et on a oublié la composante biologique» , explique Xavier Le Roux, le chercheur de l'Inra qui a piloté l'expertise. Il fallait avant tout produire pour nourrir les populations. Pas étonnant donc qu'il ait fallu attendre longtemps avant que la préservation de la biodiversité et plus largement les impacts environnementaux soient pris en compte. Cela explique aussi pourquoi la recherche sur les liens entre l'agriculture et la biodiversité est elle aussi encore balbutiante.

Jusqu'à aujourd'hui, le seul travail d'envergure a été l'«Évaluation des écosystèmes pour le millénaire» («Millenium Ecosystems Assessment»). En dehors de cette étude commandée par l'ONU, «les connaissances sont morcelées entre plusieurs disciplines et les échelles spatiales très disparates» , souligne Jean-Roger Estrade, d'AgroParisTech.

L'expertise de l'Inra a surtout valeur d'alerte. Prendre en compte le monde naturel, ce n'est pas retourner à l'agriculture d'antan. Cela nécessite au contraire un bagage technique important. «Il ne suffit pas de mettre un peu plus de biodiversité et un peu moins de pesticides dans son exploitation pour que l'agriculture soit durable», résume Xavier Le Roux. C'est le message subliminal de l'expertise de l'Inra destiné à l'ensemble du monde agricole. Les changements doivent être rapides pour préserver ce qui n'a pas été détruit. La parcelle ne sera plus le champ clos de l'agriculture de demain. Il faudra aussi tenir compte de ce qu'il y a autour et au-delà.

Une thématique que la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, vient d'ailleurs d'intégrer au volet recherche du «Grenelle de l'environnement», suite aux recommandations du comité opérationnel présidé par Marion Guillou, la présidente directrice générale de l'Inra.

05.07.2008

AGROCARBURANTS

CRISE ALIMENTAIRE • Les agrocarburants en accusation

Le développement des agrocarburants a provoqué une hausse des prix de l'alimentation de 75 % entre 2002 et février 2008, selon un rapport de la Banque mondiale dont The Guardian publie des extraits. Le panier de produits étudié par cette institution s'est renchéri de 140 % depuis 2002. C'est pour ne pas embarrasser George Bush, pour qui ces carburants à base d'huile ou d'alcool d'origine végétale ne contribuent que pour 3 % à l'inflation, que ce document, finalisé en avril dernier, n'a pas été publié, estime le quotidien londonien.

Le gouvernement britannique garde, lui aussi, sous le coude son propre rapport sur la question, qui aurait normalement dû sortir la semaine dernière. Selon The Guardian, il conclurait que les agrocarburants "ont joué un rôle significatif" dans cette flambée des prix. Ce scoop tombe à point nommé, car la réunion du G8, qui se tiendra au Japon du 7 au 9 juillet, sera en partie consacrée à la crise alimentaire. Selon la Banque mondiale, la hausse des prix a fait plonger 100 millions de personnes sous le seuil de pauvreté.

24.06.2008

LE RIZ AU SENEGAL

jeudi, 19 juin 2008

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Sénégal et riz
Christian, vous êtes en direct du Sénégal, au fin fond de la vallée du fleuve du même nom, une vallée qui offre un potentiel de développement agricole assez extraordinaire alors que les prix alimentaires flambent...Oui, le fleuve Sénégal est l'un des rares fleuves en Afrique qui est en eau toute l'année, cela grâce à 2 barrages, ce qui permet d'irriguer 60.000 ha. Seulement 60.000 ha alors que les experts de l'AFB (l'Agence Française du Développement) jugent que pas moins de 240.000 ha de terres sont irrigables à partir du fleuve. Un potentiel énorme qui pourrait permettre au Sénégal de s'affranchir pour l'essentiel des importations de riz, thaïlandais principalement, et de plus en plus coûteuses, on le sait, de par la flambée des cours des produits alimentaires. Car le Sénégal dépend à plus de 80% de l'étranger pour le riz, qui est pourtant l'alimentation de base (le Sénégal n'en produit que 150.000 tonnes par an sur une consommation nationale de 800.000 tonnes). On en consomme ici 75kg par personne et par an !La production de riz de la vallée du fleuve Sénégal pourrait atteindre 560.000 tonnes et couvrir à elle seule 70% des besoins pour peu qu'elle soit aménagée. La flambée des cours du riz, que les spécialistes considèrent comme durable, rend maintenant compétitive cette production au Sénégal. Il y a là une opportunité à ne pas manquer, d'autant que la population est appelée à croître fortement.Le seul obstacle à surmonter c'est celui de l'attribution des terres. Les terres relèvent des villages qui manquent de bras et qui préfèrent souvent laisser leurs terres en jachères plutôt que de les attribuer à des personnes venant de l'extérieur, par peur de perdre leur droit coutumier. Un obstacle auquel l'Etat sénégalais est en train de s'atteler, d'autant plus que les bras ne manquent pas dans le delta du fleuve ou faute de terre et donc de travail, une partie de la population ne voit pas d'autres issues que l'émigration.L'aménagement de la vallée du fleuve Sénégal constituerait une étape importante vers l'indépendance alimentaire.Au-delà du Sénégal, c'est toute l'Afrique qui doit transformer le formidable défi de la hausse des prix agricoles en une chance pour un développement économique durable, car plus les produits sont consommés près de leur lieu de production, mieux vaut également pour la planète

23.06.2008

LES ANGLAIS ET LES OGM

CRISE ALIMENTAIRE • Le gouvernement britannique défend les OGM

A part des pommes de terre génétiquement modifiées dans le Cambridgeshire, il n'y a pas de cultures OGM au Royaume-Uni, rappelle The Independent de Londres. Mais les choses pourraient changer : le gouvernement britannique se prépare à assouplir sa réglementation en la matière afin de "lutter contre la hausse des prix des produits et les pénuries alimentaires qui frappent les pays les plus pauvres du monde", rapporte le quotidien en une.

Le ministre britannique de l'Environnement, Phil Woolas, vient d'entamer des discussions sur le sujet avec des représentants de l'industrie OGM réunis au sein du Conseil pour les biotechnologies et l'agriculture. L'initiative provoque la colère des militants écologistes, qui "accusent l'industrie OGM de vouloir exploiter la crise globale pour faire accepter ses produits".

En 2004, après un débat public houleux, les cultures OGM n'avaient pas été interdites au Royaume-Uni, mais leur commercialisation est soumise à une demande d'autorisation au cas par cas. Le Premier ministre, Gordon Brown, devait faire des propositions sur les OGM au sommet des dirigeants européens à Bruxelles ce 19 juin.

21.06.2008

EFFET DE SERRE

vendredi 20 juin 2008
Effet de serre : diminuer les pets de vaches


Sanders veut réduire les flatulences des vaches avec un nouvel aliment riche en matières grasses insaturées. : Thierry Creux

Leurs flatulences produisent de 16 à 20 % des émissions de méthane dans le monde. Sanders affirme pouvoir les réduire avec un nouvel aliment.
« Savez vous que le transport aérien émet moins de gaz carbonique que le cheptel de vaches de la planète ? » L'argument récemment avancé par des compagnies aériennes a hérissé le poil de plus d'un éleveur. D'autant plus qu'Eurostar l'a repris peu après.

Les protecteurs de l'environnement accusent les paisibles ruminants d'accélérer le réchauffement de la planète à cause de leurs flatulences. En France, pays d'élevage par excellence, ils produisent 7,6 % des gaz à effet de serre avec leurs fermentations digestives et leurs bouses.

Sanders France, spécialiste de la nutrition animale, s'est attaqué au problème. Dans sa ferme expérimentale de Sourches, dans la Sarthe, la filiale du groupe Glon a mis au point des formules d'aliments avec des matières grasses capables de réguler les micro-organismes responsables de la production de méthane dans le rumen. « Ces matières grasses spécifiques, de type insaturées, sont issues principalement du colza, du soja, du lin, du tournesol, explique Sanders.

Avec ce nouveau régime alimentaire, les cinquante vaches laitières de Sourches et les quarante-neuf génisses rejettent moins de méthane. « Onze grammes par litre de lait contre 19 grammes en moyenne pour les élevages laitiers du Grand Ouest, affirme Sanders. Le fabricant avance même « que si tous ces élevages laitiers fonctionnaient comme celui de Sourches, les rejets digestifs de méthane seraient réduits de plus de 40 % par an, soit moins 82 000 tonnes ». L'apport de ces bonnes matières grasses a un coût. « de 25 à 40 centimes d'euro selon le niveau de production. » Il représente, selon Sanders, « 5 € par 1000 litres, soit environ 1,5 % du prix de vente du lait ».

Pour autant, à terme tous les bovins français ne sont pas « condamnés » à adopter ce régime. Des chercheurs travaillent à créer des variétés d'herbe qui auraient les mêmes effets que ces aliments complémentaires. Les prairies pourraient alors continuer à jouer un rôle utile aussi vis-à-vis de la qualité de l'eau.

10.06.2008

LA FAIM DANS LE MONDE

SOMMET DE LA FAO • Tant pis pour le paysan kényan

Le monde entier a discuté pendant trois jours à Rome, mais a finalement laissé 950 millions d'humains sur leur faim, déplore le Daily Nation de Nairobi.


Alors que le sommet mondial des Nations unies sur la crise alimentaire s'achève à Rome, aucun consensus ne semble émerger à propos des mesures à prendre pour compenser l'effet de la flambée des prix du maïs, du riz et du blé, dont personne n'avait prévu la pénurie.

Ce fut l'occasion de beaux discours, très inspirés. Le secrétaire des Nations unies a tiré la sonnette d'alarme, même si cela n'était plus vraiment nécessaire après les émeutes de la faim qui ont éclaté dans de nombreux pays d'Asie et d'Afrique au cours des trois derniers mois. Les dirigeants de 44 nations ont exprimé leurs graves préoccupations. Des doigts accusateurs ont été pointés. Seule absente de ce sommet de la FAO : une réponse concrète et immédiate à donner à cette crise mondiale.

Pas un mot sur le paysan kényan – déjà durement frappé par la misère et dans l'impossibilité de s'offrir trois repas par jour – pour expliquer comment il va survivre dans les cinq prochains mois, sachant que la pluie manque depuis deux ans et que le peu de réserves qu'il a pu constituer a été réduit en cendres par la médiocrité politique, l'avarice et le chauvinisme ethnique (de ses dirigeants). Imaginez la même situation dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne et de plusieurs régions d'Asie, et vous comprendrez l'urgence de la situation.

Une chose est sûre : les récoltes et les réserves de nourriture se sont raréfiées dans le monde entier, provoquant l'actuelle flambée des prix. On estime que 100 millions de personnes pourraient venir s'ajouter aux 850 millions qui souffrent déjà de la faim.

Il ne suffit pas de pointer un doigt accusateur sur les Etats-Unis et le Brésil, qui utilisent leurs récoltes pour produire des agrocarburants. Il ne suffit pas non plus de faire de belles déclarations d'intention sur les moyens d'augmenter la production dans les économies agricoles pauvres. Il est temps pour la communauté internationale de prendre des mesures immédiates afin de donner à manger à ceux qui meurent de faim.

Les débats sur les entorses au libre-échange que constituent les barrières douanières ou les subventions des pays riches pour protéger leurs agriculteurs doivent être remis à plus tard. Le plus urgent est de répondre à cette question : que compte faire le monde pour que près de 1 milliard d'humains obtiennent l'aide dont ils ont besoin pour survivre ?

09.06.2008

PRESSION SUR LES TERRES AGRICOLES

Terres agricoles. Pression sur le littoral
L’urbanisation, qui grignote les campagnes, fait monter les prix des terres agricoles. En Bretagne, la pression est particulièrement forte sur le littoral.
Pas toujours facile pour la société d’aménagement foncier (Safer) d’arbitrer les conflits qui apparaissent dans les transactions. Les opérations de rétrocession de terres peuvent opposer plusieurs agriculteurs désireux de s’installer ou d’agrandir leur exploitation, mais aussi des paysans et des particuliers qui veulent aménager leur lieu de villégiature.
Jusqu’à 15 concurrents
« Sur un seul dossier, il est fréquent de trouver trois ou quatre candidats, mais il peut arriver que 10 à 15 concurrents se mettent sur les rangs », commente Joseph Gautier, président de la Safer Bretagne. En 2007, les prix des terres agricoles ont augmenté de 4 %. Ils varient fortement entre la côte et l’intérieur. Sur le littoral nord-breton, le prix moyen à l’hectare atteint 6.530 euros dans le Finistère, qui abrite la principale zone de culture légumière. Dans les monts d’Arrée, ils tombent à 2.210 euros. Sur les 40.000 hectares du marché de l’espace rural régional, 80 % des opérations ont concerné l’agriculture proprement dite (agrandissement des exploitations,

installation, surfaces d’épandage, aménagements parcellaires). Dix-sept pour-cent des terres ont été gagnés par l’urbanisation ou le secteur résidentiel.
Vivre à la campagne
« Contrairement aux idées reçues, les terres qui ne sont pas attribuées aux agriculteurs bretons ne sont pas acquises majoritairement par les collectivités, mais à 70 % par les particuliers pour les secteurs de l’habitat et des loisirs », précise Jean-Paul Le Lan, le directeur général délégué de la Safer Bretagne. Le mouvement des citadins choisissant de résider à la campagne, où le terrain est moins cher, se poursuit. Il induit des pressions sur le prix du foncier agricole sur le littoral, mais aussi dans la périphérie des villes. Les Chambres départementales d’agriculture bretonnes ont signé des chartes avec les collectivités et des conventions avec la Safer pour anticiper les opérations futures d’urbanisation, d’infrastructures routières ou ferroviaires, et autres zones industrielles. Il s’agit de concilier les intérêts professionnels des uns et les missions d’intérêt général des autres.


Mon commentaire :

Il faut arrêter cette surenchère sur les terres agricoles au profit des désurbanisés mais au détriment des terres vivrières. Ce n'est pas le chemin que nous prenons à LOC MARIA PLOUZANE

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